Salle des ventes : Vichy tient la corde
Au n°16 de l’avenue de Lyon à Vichy, experts et acheteurs du monde entier se donnent rendez-vous deux à trois fois par an pour les plus
grandes ventes françaises et mondiales d’instruments à cordes.
Ces ventes sont organisées par Guy et Étienne Laurent, commissaires priseurs.
Un lieu à la renommée internationale
Un américain à Vichy
Trois questions à Maître Étienne Laurent
Salle des ventes, comment ça marche ?
Un lieu à la renommée internationale
Jeudi 3 juin 2010, 14h : la plus grande vente française d’archets commence. Coréens, Américains, Européens de toutes les latitudes et Chinois sont arrivés la veille ou l’avant-veille. Dans la matinée, ils ont observé les lots sous toutes les coutures. Ils ne sont pas là par hasard : ils connaissent ce lieu car ils sont spécialistes d’archeterie et de lutherie.
En 30 ans, sous la houlette de Maître Guy Laurent, Vichy est devenu le haut lieu de l’archeterie, une spécialité française. Les plus grands experts, Jean-Jacques Rampal pour les violons et Jean-François Raffin pour les archets ont préparé avec Maîtres Guy et Étienne Laurent cette après-midi du 3 juin où 484 lots vont être dispersés.
Leurs espoirs seront récompensés : après un tour de chauffe, et dans une ambiance toujours feutrée, les records tombent :
- un archet de violon de Dominique Peccatte, écaille et or : 117 724 euros (record mondial)
- un archet de violoncelle de Nicolas Maire : 66 916 Euros (record mondial)
- un violon de Goffredo Cappa de 1695-1700 : 133 833 euros
- un violon de Nicolas Lupot de 1804 : 96 657 euros (2ème meilleure performance mondiale).
En fin d’après-midi, on se donne rendez-vous pour la prochaine vente de Vichy cet été, celle de Londres ou de New-York. Il n’y en a que trois de ce niveau sur la planète.
Maitre Guy Laurent arbore le sourire de celui qui a vu ces enchères historiques se produire chez lui, à Vichy. Mais il a surtout le regard épanoui de l’adulte qui réalise son rêve de gamin : découvrir des objets, leur rendre leur noblesse, leur procurer une seconde existence. Quand on lui demande ce qu’il rêve de vendre, la réponse ne se fait pas attendre : un Strad !
Comprenez un Stradivarius. La Rolls Royce du violon, celui qu’on ne voit qu’une fois dans sa carrière.
Un américain à Vichy
Paul Childs est new-yorkais. Expert et consultant en archets français. Dans le monde musical tout le monde le connaît. Même si sa modestie lui interdit de le dire, il est une référence de la profession. Et comme des dizaines de spécialistes, il a fait le déplacement à Vichy pour “LA” vente. Il est d’ailleurs de toutes les ventes de Vichy, une ville dont il aime la taille humaine. Quand on lui demande depuis quand il vient, il sourit et répond : toujours !
Pour lui, aucune équivoque : d’excellentes expertises liées au sérieux de Maître Laurent et à un choix remarquable font toujours une belle vente. D’ailleurs, on sent en parlant avec lui qu’il a déjà une idée de ce qu’il souhaite acquérir. Quel lot ? Sourire diffus en guide de réponse… Pour qui ? Un musicien… On n’en saura pas plus. Bien sûr.
Il achète au coup de coeur. Un coup de coeur raisonné par l’oeil de l'expert qui sait que demain, un musicien va s’enthousiasmer à New-York ou Tokyo pour ces quelques grammes de bois, d’écaille ou d’or qui seront son nouvel archet.
Trois questions à Maître Étienne Laurent
1 - Comme Obelix, vous êtes tombé dedans quand vous étiez petit ?
Avec mes frères et soeurs, nous avons effectivement toujours trainé à la salle des Ventes, avec un père passionné qui nous a appris à découvrir les objets dès notre plus jeune âge. Mais pour ma part j’ai fait des études d’Économie avant d’étudier l’histoire de l’art à l’École du Louvre, de passer les examens et effectuer les stages qui me permettent d’être installé à Vichy aujourd’hui.
2 - Votre plus grande chance ?
Être animé par la passion ! L’envie de découvrir, la quête du beau et bien sûr la joie de la bonne surprise comme il y a peu, déceler au milieu d’une vente un magnifique encrier de Rupert Carabin et découvrir le même quelques jours après au Musée des Arts décoratifs à Paris.
3 - Vos atouts ?
Être à Vichy : une ville que j’aime et que je redécouvre rénovée, dynamisée, rajeunie. Et puis surtout être entouré de Claude, Emmanuelle, Sylvie, Jean-Claude et Bruno, les chevilles ouvrières de la salle des ventes deVichy mais aussi de notre transporteur Julien aux côtés de mon père et moi.
Salle des ventes, comment ça marche ?
Le quotidien de la salle des Ventes est très loin des grandes ventes exceptionnelles. Meubles, objets, bibelots, bijoux, tout passe entre les mains des Commissaires-Priseurs. Suite à des successions (et rarement sur décision judiciaire), beaucoup de gens choisissent la salle des ventes pour se séparer de certains biens.
Ces ventes qui ont lieu tous les jeudis sont souvent de très bonnes opportunités financières avec de nombreuses enchères en dessous de 20 €.
Méconnues, elles ne sont pas réservées aux initiés et contrairement à ce qu’on croit, acheter est très simple et il n’y a pas de piège : la meilleure façon de faire ? Aller d’abord en observateur, examiner, décider… et se lancer !
► Informations pratiques
Salle des ventes de Vichy - 16 avenue de Lyon, 03200 Vichy
Ouvert du lundi au vendredi : 9h - 12h / 14h - 18h
Expositions, entrée libre, le mercredi après midi de 14h30 à 18h
Ventes les jeudis : de 10h - 12h puis de 14h à 19h
Site internet : www.interencheres.com/03001
Expertises gratuites et confidentielles sur rendez vous.
Tél : 04 70 30 11 20 / Fax : 04 70 30 11 29
